Épisode #512: Retour sur la Nuit Zet et le REC2021

Jean-Michel et Jérémy discutent de deux événements du mois de septembre 2021: la Nuit Zététique et les Rencontres de l’Esprit Critique 2021.

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2 réponses
  1. Ppau
    Ppau dit :

    Sympathique comme toujours, je n’ai pas vraiment suivi ces évènements mais c’était agréable de savoir à quoi cela ressemblait

    Par contre je ne suis vraiment pas convaincu par vos arguments concernant la parapsychologie…
    C’est sûr que négliger l’éventualité de la réalité des phénomènes psy ne correspond pas à un consensus scientifique en parapsychologie.

    Mais pour moi, l’opinion d’une communauté scientifique ne peut être qu’un élément (certes souvent important) dans un raisonnement bayésien. Et dans le cas de la télépathie, de la prédiction du futur, de la détection d’une personne dans une autre pièce, je pense qu’il est parfaitement justifié de partir avec une crédence a priori extrêmement faible, à cause d’une autre discipline scientifique où, pour le coup, le consensus me semble incontestable: la physique fondamentale.

    Je ne suis pas physicien, mais il me semble extrêmement difficile de trouver un expert en relativité ou en physique quantique qui considère comme probable l’existence d’une méthode de transmission d’informations autre que des ondes électromagnétiques ou gravitationnelles, en dehors de théories très spéculatives qui n’auraient aucune incidence sur des phénomènes de la vie courante à notre échelle. Or ces deux médias me paraissant très peu plausibles pour la communication entre deux cerveaux.
    Et de même pour la prédiction du futur; dans toutes les conversations spéculatives sur la causalité, l’entropie et la « flèche temporelle » que j’ai pu entendre (dans les podcasts de Sean Caroll par exemple), aucune idée prise au sérieux par les physiciens n’est compatible avec la prédiction du futur (même dans le cas de la diffusion d’images pornographiques)

    En fait, le mot même de « parapsychologie » me dérange un peu; pour moi il est lié à l’idée que des résultats positifs d’une puissance comparable aux résultats de psychologie devraient suffire à convaincre les sceptiques ouverts d’esprit. Mais ce n’est pas la psychologie que les phénomènes psy remettent en cause, c’est la physique fondamentale, avec son seuil de publication à 5 sigma, son siècle de prédictions certes pas parfaites mais globalement couronnées de succès, et ses multiples expériences répliquées mesurant des phénomènes allant du picomètre à la taille de l’univers observable…
    Face à cette différence entre les deux disciplines, j’ai du mal à ne pas penser que ce soit précisément le bas niveau de preuve nécessaire en psychologie (surtout avant la crise de la réplication) qui ait poussé les parapsychologues à se catégoriser ainsi.

    Bien sûr, tout cela ne veut pas dire que tout projet de test de facultés paranormales est une perte de temps, et que rien ne peut en sortir, déjà parce qu’on n’est jamais sûr de rien à 100%, et surtout parce que cela peut présenter un intérêt psychologique et sociologique (en ce qui concerne les biais de confirmation et les changements d’opinion par exemple).

    Je précise également que je suis assez d’accord avec vous concernant l’utilité des études sur la sociologie du paranormal; cependant j’ai tendance à les rattacher à la sociologie plutôt qu’au paranormal, et par conséquent cela a peu d’effet sur mon appréciation du domaine de la parapsychologie.

    Je serais curieux de savoir quelle partie de mon raisonnement vous semble bancale, et surtout, j’aimerais savoir ce qui vous convainc, vous, de l’inexistence des phénomènes psy, si ce n’est pas la physique.

  2. L'équipe Scepticisme Scientifique
    L'équipe Scepticisme Scientifique dit :

    Bonjour Ppau,

    « Et dans le cas de la télépathie, de la prédiction du futur, de la détection d’une personne dans une autre pièce, je pense qu’il est parfaitement justifié de partir avec une crédence a priori extrêmement faible »

    Ta crédence faible reflète ta croyance sur le sujet. C’est ton « a priori » sur le sujet, ou ton « biais sceptique ». Je le partage, mais la vraie question n’est pas là. La vraie question est: comment justifie-t-on la faible crédence que nous attribuons à l’existence de ce phénomène? Et là je ne suis pas convaincu que nous ayons de si bons arguments. Mais juste dire « j’attribue une crédence faible » n’est pas un argument en soi, juste l’admission de ce que nous pensons avant examen d’un sujet.

    L’autre chose qui me gêne est que c’est un argument « rationaliste » (dans le sens philosophique, c’est-à-dire juste basé sur l’usage de l’intellect), alors que les parapsychologues ont des arguments empiriques. Je préférerais largement que les arguments empiriques soient en notre faveur, plutôt que de devoir dire « je refuse ces résultats empiriques à cause d’une considération théorique ». Fondamentalement, cela me gêne que les sceptiques ne défendent pas l’empirisme.

    Sceptiquement vôtre,

    JM

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