Episode #397: Scepticisme et anti-féminisme

Jean-Michel et Jeremy discutent des tendances anti-féministes que l’on retrouve dans le mouvement sceptique.

5 réponses
  1. Juju
    Juju dit :

    Si autant de sceptiques regardent de travers le féminisme, c’est peut-être parce que les féministes ont une vision tellement orientée et simpliste du sexisme qu’ils préfèrent se définir comme anti-sexistes plutôt que féministes. Globalement, le discours qui ressort chez les féministes c’est ça : Les hommes discriminent les femmes et les femmes subissent leur conditionnement culturel (imposé par le patriarcat). Mais c’est oublier que le sexisme c’est aussi :

    – Des hommes qui discriminent des hommes.
    – Des femmes qui discriminent des femmes.
    – Des hommes qui subissent leur conditionnement culturel.
    – Des femmes et des hommes qui consentent ou participent à ces discriminations.

    Ça fait un certain nombre de points qui ne sont jamais abordé par les féministes sauf pour se justifier de ne pas les aborder, souvent au prétexte de s’attaquer au mouvement hoministe qui ne ferait rien que de dire des mensonges parce que… et bien… parce qu’ils sont des hommes, et qu’en tant que tel, par le pouvoir magique des raccourcis simplistes, seraient responsable de la culture patriarcale instauré par des millénaires de civilisation (http://www.madmoizelle.com/sexisme-anti-hommes-242205).

    Ps : Je parle de discrimination au sens large, donc j’inclus autant les actes de discrimination délibérés que les actes inconsciemment ou indirectement discriminatoires (comme le fait, par exemple, de considérer moins grave une agression si la victime est un homme ou d’avoir un jugement plus sévère envers les hommes).

  2. Pierre-Louis
    Pierre-Louis dit :

    J’ai grimacé tout au long de l’épisode à vous entendre associer sans vergogne femmes et féminisme. Le féminisme est un mouvement ou un groupe de mouvement, les femmes sont des personnes. On peut être farouchement contre le féminisme, c’est-à-dire avoir des oppositions radicales avec les positions que les (ou des) féministes défendent, et être pour l’égalité des hommes et des femmes. Il n’y a d’incompatibilité nulle part, parce que les femmes ne sont pas le féminisme.
    L’analogie que vous prenez vers 9 minutes est assez parlante : celui qui se dit pour l’égalité des sexes mais critique le féminisme est comme celui qui se dit contre le racisme mais qui a des comportements racistes. Non, l’analogie ne tient pas, parce qu’une blague raciste est contre les personnes alors qu’une critique du féminisme est contre une idéologie et ses dérives.

    Par ailleurs vous semblez partir du principe que posséder le titre “zététicien” impose des devoirs moraux d’une certaine façon (et que par conséquent, il faudrait contrebalancer ses critiques du féminisme par des publications sur les droits femmes). Ainsi, parce que certaines personnes pourraient émettre des suppositions sur nos intentions cachées il faudrait arranger sa com’ ? Mais parbleu c’est faire le jeu de ces simplets qui ne prennent même pas le temps d’entendre vos arguments et vous collent des étiquettes (pro-viol, misogyne, fascite… à chaque fois).
    Que les personnes supputent si elles veulent. Je ne suis pas un militant anti-sexiste, je suis sceptique. En tant que tel, je suis intéressé par les avatars contemporains des dérives idéologiques et les structures de défenses argumentatives qu’elles mettent en place. Que les gens supputent sur mes intentions, je ne vais pas courber l’échine parce qu’ils ne se donnent pas la peine de comprendre et s’empressent de résoudre leurs dissonances cognitives par l’insulte et la diffamation.

  3. Laurent Fizet
    Laurent Fizet dit :

    Juste une petite précision: vers 17:30, Jérémy explique le faible nombre de plaintes pour violences sexuelles en partie par le fait qu’une plainte ne serait efficace qu’avec l’assistance d’un avocat, lequel coûterait plusieurs milliers d’euros. J’ignore quelle est la situation en Belgique mais en France, la partie plaignante peut prétendre à une aide juridique selon les mêmes modalités que la défense depuis la fin des années 90. D’autre part, s’agissant de la loterie, des policiers pas nécessairement empathique ou diligents, les policiers sont désormais formés à l’accueil des plaignants. La situation s’est donc améliorée, même si, du point de vue des policiers, une plainte est avant tout un témoignage, et qu’il faut donc évaluer sa crédibilité. Ne perdons pas de vues que certaines dénonciations sont fausses, parfois de bonne foi, je pense au harcèlement, parfois par intention de nuire.

  4. Erik
    Erik dit :

    En début d’émission, Jérémy évoque d’hypothétiques anti-féministes qui seraient anti-féministes parce qu’ils se disent plus féministes que les autres. Et Jérémy d’ajouter que ces gens ne savent pas vraiment ce que c’est que le féminisme. On frôle le “no true Scottsman fallacy” et je me permets d’opposer l’idée suivante… que je crois tirer de Liana Kerzner (la plus admirable féministe à mes yeux) sans en être totalement sûr : “il n’y a pas 1 seule chose, pas une seule idée qui soit partagée par tous les féministes.” Alors à mon sens, “féministe” n’est qu’une étiquette qu’on endosse ou pas.

    Sur le sujet de “culture du viol” et “patriarcat”, je ne partage pas l’avis de Jean-Michel. Si ça énerve les féministes qu’on remette en question ces notions, ce n’est pas parce qu’elles veulent parler d’autre chose, à savoir les manifestations particulières de viols ou de discriminations. Ca les énerve parce que cette remise en question ébranle le récit (“narrative” comme disent nos amis anglophones) militanto-activisto-idéologico-académique construit comme une pseudo théorisation des discriminations envers les femmes. En gros, ça les énerve non pas parce qu’on évite de discuter des viols et des discriminations mais parce que ça renie l’idée que l’histoire humaine n’a été qu’une conspiration masculine mondialisée contre les femmes depuis la nuit des temps… parce que c’est à ça que se résume aujourd’hui la pensée féministe académique : dichotomiser le monde entre une catégorie homogène de femmes qui sont toutes victimes et une catégorie homogène d’hommes qui sont tous oppresseurs.

    Le choix du générique de fin est… mmhhhh… *soupir* ben, je ne sais pas si c’est juste une manière de tendre une main aux gens qui se disent encore féministes ou bien si autre chose a motivé ce choix musical. Parce qu’en écoutant les paroles, il apparait que cette chanson véhicule de nombreuses idées qui ne sont pas éclairées sur la question des hommes et des femmes. La proportion des hommes et des femmes dans diverses activités humaines… prenons les postes de directeur ou les postes politiques, reflète-t-elle nécessairement une discrimination? Absolument pas! Des penchants naturels se combinent à des incitations culturelles qui amènent hommes et femmes dans des voies où ils seront parfois aussi nombreux et parfois majoritairement d’un sexe plutôt que d’un autre. Et imposer par la force des quota une égalisation, toujours à la faveur des femmes et jamais ou presque à la faveur des hommes, ça peut mener à créer des problèmes là où auparavant il n’y avait pas vraiment de problème. L’éducation supérieure des femmes aujourd’hui se combine notamment à l’hypergamie féminine pour créer des femmes qui n’arrivent plus à trouver de compagnon acceptable à leurs yeux. Et c’est dommage autant pour ces femmes que pour les hommes qui, en retour, ne trouvent pas grâce aux yeux de ces femmes.

    La chanson de fin reproduit également cette idée que si on est favorable à certaines choses (égalité sociale, politique, économique) alors on est un féministe… sauf que cela confine à imposer aux gens qui partagent cette idée l’étiquette de féministe alors que parmi ces gens il s’en trouve qui sont opposées au féminisme et à l’idéologie marxiste véhiculée par le féminisme… et que ces gens ne veulent pas être associés au mot “féminisme” ni concéder aux théoriciens/académistes du féminisme un monopole sur la pensée liée au sexe, au genre, et à tout ce qui concerne les femmes et les hommes.

    J’ai relevé des points négatifs, mais je reste quand même plutôt satisfait de l’émission, comme toujours. Vous faites du super boulot ! Je pense qu’un jour ou l’autre, il serait intéressant… mais ça nécessite pas mal de travail de recherche… de consacrer une émission aux défenseurs des droits des hommes (MRA) pour aborder leurs sujets d’intérêt/activisme : circoncision, conscription, droit de garde, prépondérance des divorces initiés par les femmes, inégalités face au système judiciaire, women are wonderful effect, inégalités de financement de la santé comme la recherche sur cancer du sein/prostate, inégalité des espérances de vie, majorité masculine parmi les SDF, droits reproductifs, avortement financier, opposition à la naissance sous X, fraude paternelle, fausses accusations de viol, Duluth model, abris pour les victimes de violences conjugales, financement public d’associations féministes (ou de défense des droits des femmes, ce qui est un poil différent) vs. droits des hommes, etc. …et peut-être une autre émission à la “manosphere” (MRA, MGTOW, PUA, antiféministes).

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