Épisode #251: Stradivari surprise

Jean-Michel Abrassart et Thomas Guiot discutent de l’article « Stradivari surprise: des solistes rejettent les célèbres violons en test à l’aveugle (LA Times) ».

1 réponse
  1. Bret-Morel
    Bret-Morel says:

    Merci pour ce podcast, voici le lien vers l’article à l’origine de l’entretien : https://sceptom.wordpress.com/2014/06/03/stradivari-surprise-des-solistes-rejettent-les-celebres-violons-en-test-a-laveugle-la-times/

    Je ne sais pas s’il serait possible de compléter l’entretien mais j’aurais aimé savoir quels sont les critères précis invoqués habituellement par les solistes en général pour préférer les Stradivarius 🙂 . Quels sons sont meilleurs, quoi d’autre ?
    De même, est-il dit dans l’article original comment les sujets ont réagi aux résultats ? Peut-être ne les ont-ils pas eu tout de suite ?

    D’un point de vue sceptique, le grand-public verra bien ici qu’une « expérience scientifique » ne se définit pas forcément par de grandes formules et de grands concepts compliqués. C’est le protocole qui est important : on crée les conditions pour que les biais habituels soient éliminés : ici connaissance de la provenance de l’instrument, perception visuelle ou tactile, etc.
    En fait cette expérimentation ne permet pas de définir « si les violons Stradivarius sont meilleurs ou moins bons » que les violons contemporains mais si des professionnels préfèrent les anciens et s’ils peuvent distinguer les anciens des nouveaux. Il est donc montré que ce n’est pas le cas et que les violons se valent presque tous (moins de 11 pts à partir du 3ème) à l’usage, c’est une première chose.
    La seconde c’est que les deux seuls violons qui sortent vraiment du lot sont le meilleur qui est récent et le moins bon qui est un Stradivarius, c’est à dire qu’ils vont exactement contre l’idée installée dans l’esprit de tous.
    Après nous entrons dans l’interprétation des résultats et, effectivement, comment ne pas conclure que le savoir-faire « des Anciens » n’était pas meilleur que celui des Modernes ? Heureusement d’ailleurs puisque nous avons appris de leurs erreurs ou avons utilisé leurs conclusions pour aller plus loin ! Nous sommes d’ailleurs les Anciens des futurs générations… Ces questions sont les mêmes pour bien des sujets, dont tout ce qui touche au paranormal en général : les Anciens n’ont pas un accès plus aisé à la vérité même si on aimerait bien, parfois.

    J’adore, pour ma part, ce genre d’application du scepticisme scientifique car elle tient compte de la sensibilité humaine, il n’y a pas de jugement de valeur qui est exprimé, la conclusion s’impose seulement par elle-même, l’expérimentation n’est pas uniquement technique et froide, le bagage mathématique est minimaliste.
    En somme, si ces lignes sont d’une grande banalité pour un sceptique, elles permettent de rappeler à ceux qui craignent le scepticisme que c’est d’abord une affaire rationnelle et, encore et toujours, l’idée d’aller chercher au-delà des tromperies que génèrent régulièrement nos sens et nos esprits.

    Longue vie au balado !

    Serge

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