2 réponses
  1. François Brunot
    François Brunot says:

    Merci pour ce balado sur le mouvement antipub,

    Nous sommes donc « frustrés » par les messages publicitaires ?

    Mais comment ça marche ? Intuitivement, je pense qu’il faut des individus conditionnés à associer « pulsion d’achat (sensation émotionnelle neutre ou désagréable) » à « satisfaction (sensation émotionnelle agréable) ». J’imagine qu’en exploitant le mécanisme psychologique non conscient de création de lien de causalité entre évenènements à partir de leur simple subséquentialité, cette association peut se créer.

    Une fois que le conditionnement est en place, l’exposition d’un individu à un message publicitaire provoque une « frustration » si l’acte d’achat ne peut pas être réalisé immédiatement.

    Qu’à cela ne tienne, il existe au moins une parade : l’esprit humain est capable de fonctionner de manière « découplée » et l’acte d’achat peut être « imaginé ». Je ne peux peut-être pas acheter ou consommer l’objet ou le service proposé par le message publicitaire mais je peux m’imaginer le faire pour réduire la « frustration » (est-ce un genre de tentative de suppression de dissonnance cognitive ?) Ceci entraîne probablement une dépense énergétique du système nerveux central mais je doute qu’elle ne soit pas justement recherchée par les publicitaires.

    Si des couloirs de métro, à Paris ou ailleurs, sont remplis de messages publicitaires alors l’usager du métro va multiplier son exposition à des messages publicitaires qui sont autant de stimuli potentiellement frustrants donc anxiogènes. Et même si le caractère anxiogène est « paré » par la production d’un « film mental », les fins des publicitaires sont là encore atteintes.

    A mon avis, à part l’autorité judiciaire, aucune autre autorité, surtout privée, ne devrait être autorisée à exposer, sur l’espace public, des individus à des stimuli potentiellement anxiogènes afin de tenter de modifier leur comportement.

    En droit pénal, cette tentative porte un nom : une peine.

    Enfin, dans une démocratie c’est au peuple seul de fixer les conditions dans lesquelles ses membres accceptent d’être publiquement exposés à des stimuli potentiellement anxiogènes. Etant donné que les publicitaires reconnaissent eux-mêmes qu’ils créent des frustrations, cette lecture « démocratique » ne me semble pas si stupide qu’il pourrait paraître au premier abord.

    Commentaires bienvenus.

    Cordialement.

    François BRUNOT.

  2. bug-in
    bug-in says:

    @Nicolas. Un balado original. Ayant moi même participé a ces « mouvements », mon avis, n’est p.ê toutefois pas le plus pertinent. Personellement avant de l’entendre je m’attendais a une tentative de l’estimation statistique de l’exposition aux panneaux publicitaires. Ce fut tout a fait autre chose, c’est intéressant 🙂

    @François Brunot
    La frustration ne concerne pas que l’impossibilité d’acheté, mais aussi la totalité du message et des normes qu’ils transmet. Notamment sur l’exigence attendu sur la forme des corps, etc…
    Par ailleurs votre dernier §, ne peut que être sujet a débat. Le concept de « démocratie » étant très différent de ce qu’a été réellement-la-démocratie en grèce antique d’une part (esclavage, travail des étranger, pendant que les autres font la politique…) et de ce qu’elle est-réellement-aujourd’hui (avec par ailleurs des variation selon les territoires). En gros cela tient a la place ou pas que vous laisser a la « représentation ».

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